Le stress au travail

Anita RODAMEL

Anita RODAMEL est Avocate, Cabinet Avocat Anita RODAMEL en Rhône-Alpes.

En France, il n'existe pas d'enquête nationale sur le stress au travail mais uniquement des enquêtes périodiques "conditions de travail".

Selon ces études, plus d'un salarié sur deux travaille dans l'urgence, plus d'un salarié sur trois reçoit des ordres ou des indications contradictoires, un tiers des travailleurs déclare vivre des situations de tension dans leurs rapports avec leurs collègues ou leur hiérarchie.

Si l'on sait qu'une dose de stress peut améliorer le niveau de performance en stimulant la motivation (par exemple lors de compétitions sportives), on sait aussi que le stress chronique met à rude épreuve les salariés et cause des ravages, quelquefois irréversibles.

Les symptômes générés par le stress chronique peuvent être physiques (maux de tête, douleurs musculaires, articulaires, troubles du sommeil.
82% des français dormiraient mal à cause de leur travail), émotionnels (nervosité, angoisse, excitation, tristesse...), intellectuels (difficulté de concentration, erreurs, oublis, difficultés à prendre des initiatives...), comportementaux, repli sur soi, difficulté à coopérer.

Les états de stress de longue durée seraient responsables de maladies cardiovasculaires, et de décès prématurés.

Pour l'entreprise, lors des diagnostics que j'effectue avant toute proposition de formation, le stress des salariés est synonyme d'absentéisme, turn over, accidents du travail, démotivation, baisse de créativité, dégradation de la productivité et du climat social.

De plus le stress nuit à l'image de l'entreprise entraînant du coup une difficulté de recrutement par exemple. Les répercussions peuvent donc être très étendues.

C'est la raison pour laquelle je démontre aux chefs d'entreprise après une immersion au sein de la structure, la très grande importance du décryptage des comportements, de l'attitude des salariés face à la hiérarchie... deux des nombreux critères annonciateurs de tensions d'autant plus graves qu'ils sont traités avec retard.

Il est plus que nécessaire de faire de la prévention avant que de véritables maux ne se révèlent destructeurs pour l'entreprise.


Le stress a également un coût pour la société.

Un rapport de Mars 2008 estimait le stress entre 3 et 4% du PIB en France, soit environ 50 milliards d'euros... dix fois plus cher que les conflits sociaux. Le constat est accablant.

Pour les salariés il est encore plus dangereux en période de crise.

Il se caractérise principalement de 2 façons :

Le "JOB STRAIN" est caractérisé par un manque de soutien (déni de reconnaissance, critiques injustes, mépris et propos désobligeants) et des marges de manoeuvre limitées, ainsi que des objectifs difficilement atteignables.

Ce diagnostic aboutit à des dépressions, anxiété ou maladies cardio-vasculaires.

Le "BURN OUT" se caractérise quant à lui, par un épuisement physique et psychique dû à une trop grosse exposition au stress vécu dans un contexte professionnel exigeant.

A long terme, certains voient dans ces nouveaux maux, des facteurs qui vont faire diminuer l'espérance de vie dans les pays industrialisés.

Les plus optimistes dont je fais partie, pensent qu'une information et une prévention constantes, le soutien des salariés associé à une prévention dans le cadre de l'entreprise auront raison à long terme de ces problématiques.

Je vous invite à réagir sur votre expérience, sur les problématiques que vous rencontrez afin de pouvoir tous ensemble avancer "VERS UNE GESTION PACIFIQUE ET EFFICACE DE L'ENTREPRISE".