Bien-être et productivité / monde virtuel et monde réel

Les entreprises nord-américaines prennent de plus en plus la mesure du phénomène. Après avoir été les pionnières de l’open-space et de la productivité à outrance et au visage inhumain, elles prennent un virage à 180° sur la conception du bien-être des collaborateurs comme mode de fonctionnement et de gestion de la productivité !

À quand une telle prise de conscience en France ?

Il existe encore de trop nombreux managers qui ne prennent pas conscience de cet état de fait, et éludent la question.

« Le bien-être de mes collaborateurs, ce n’est pas mon problème ! »

Ces mêmes managers sont ceux qui bien souvent ne prennent pas le temps de saluer leurs collaborateurs chaque matin, comme pouvaient le faire nos bons vieux patrons "trop paternalistes", qui prenaient plaisir à voir chacun de leurs employés le matin.

Au-delà de la marque de sympathie et de respect, ce mode de fonctionnement des managers "bons pères de famille", leur permettait aussi de s’enquérir de la qualité quotidienne de leur outil de travail, c’est-à-dire des hommes. Un peu à l’image d’un contremaître qui prend soin de sa machine, en comptant sur elle et sur sa capacité à produire le résultat attendu.

Cela paraît tellement évident, pourtant le monde du travail actuel a complètement perdu de vue ces bonnes règles de management.

Bienvenue dans l’ère virtuelle du travail !

Avec des patrons et des conseils d’administration, pilotant l’entreprise à vue, ou à l'opposé à trop longue distance. On arrive au résultat induit par les pôles financiers, qui achètent des "boîtes", uniquement dans le dessein de les revendre avec un profit.

Un des drames majeur des entreprises françaises, se situe dans le décalage qui se creuse, entre le monde réel des salariés et du travail, et le monde virtuel ou bulle spéculative, des actionnaires et de la finance !

Plus l’écart et l’incompréhension se creusent, et plus l’outil de travail se détériore. L’atteinte d’objectifs pérennes et durables s’éloigne, ne permettant pas finalement la réalisation de l’objectif financier initial de l’actionnaire. Cela conduit aussi malheureusement bien souvent de bonnes PME vers le dépôt de bilan.

Pourtant l’un ne va pas sans l’autre ! Le travailleur qui crée et produit a besoin de l’entrepreneur, qui prend des risques et investit.

Mais dans le monde virtuel, on fait des plans sur la comète pendant que dans le monde réel, on est confronté à la difficulté, encore plus mise en lumière par la récente crise économique et les mutations engendrées par la croissance d’internet, dans la vie quotidienne des consommateurs.

Mais où sont passés les patrons, les entrepreneurs, ceux qui faisaient parfaitement le lien entre virtuel et réel ?

À force d'êtres harcelés, dans une société qui à tendance a mépriser ceux qui réussissent, ce sont-ils découragés ? Il a-t-il une crise des vocations d’entrepreneurs ? Ou bien tout simplement, ce n’est pas au goût du jour des conseils d’administrations, qui eux ont besoin de résultats urgents, sur un marché français des biens de consommation considéré comme mature !

Il devient urgent que les entreprises françaises, prennant enfin la mesure du décalage, remettent les managers au goût du jour.

Il faut sûrement revenir aux fondamentaux et repartir de la base ; écouter ses clients, écouter ses collaborateurs, pour tous ensemble tirer dans le même sens et faire face aux mutations de l’économie.

Actuellement, il y a de nombreux exemples d’entreprises, qui 18 mois en arrière tenaient la route, et ont vacillées uniquement parce que le dialogue entre réel et virtuel a été coupé.

La crise mondiale a simplement mis un épais nuage de fumée sur ce phénomène bien réel, qui se produit un peu partout dans notre pays, sans que l’on puisse invoquer cette même crise comme seule coupable, le mal est bien plus profond, et propre à notre économie.

Quel rôle le bien-être des collaborateurs tient-il dans l’action et la mise en place de solutions ?

Quelle est donc la définition du bien-être en entreprise pour les collaborateurs ?


95% des employés sont attachés à leurs entreprises, et ils comptent sur leurs pérennités, c’est le sens de leur action au quotidien !

Pour favoriser leur bien-être, il faut donc les responsabiliser intelligemment !

Dans une entreprise en difficulté, il ne s’agit pas de leur faire porter un fardeau qui n’est pas le leur, en communiquant des informations de nature à les alarmer, mais plutôt de se tourner vers eux pour la recherche de solutions, et ainsi les faire collaborer et réfléchir sur les actions à entreprendre pour réussir.
Le bien-être en entreprise, c’est déjà de ne pas avoir à subir une réalité sans possibilité d'agir.

Le bien-être, c’est sortir du virtuel et agir dans le monde réel.

Il ne faut pas confondre le bien-être avec le confort ! Dans un premier temps, le bien-être est la condition minimum pour tirer le meilleur parti de ses collaborateurs. Ensuite le confort, c’est ce qui les fidélise et les encourage à continuer à donner du sens à leurs actions en faveur de l’entreprise.

En somme, pour mettre fin à la fracture entre virtuel et réel :
il faut peut-être tout simplement recommencer à "communiquer".